Banquise Arctique : une étendue remarquablement faible en mai

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La saison estivale approche, et la fonte des glaces se poursuit du côté de l'océan Arctique. Mais cette fonte est toujours remarquable, avec une étendue des glaces qui reste anormalement basse.

Moyennée sur l'ensemble du précédent mois de mai écoulé, l'étendue des glaces de l'Arctique était de 12.2 millions de kilomètres carrés. Il s'agissait alors du deuxième niveau le plus faible observé depuis le début des relevés satellitaires, soit sur une période de 40 ans (un record datant du mois de mai 2016 avec 12.5 millions de km2).

Graphique de l'étendue des glaces de l'océan Arctique (en millions de km2) - NSIDC

Les eaux dites « libres » (totalement libérées des glaces, et navigables) s'étendaient à la fin du mois de mai à la latitude 82°N, au niveau des côtes Nord et Ouest de l'archipel du Svalbard. La situation la plus exceptionnelle reste au niveau de la mer de Béring (détroit séparant la Russie et l'Alaska), totalement libérée des glaces suite à un mois d'avril hors-norme (>>).

Répartition des glaces dans l'océan Arctique en mai 2018 et rapport à la normale 1981-2010 - NSIDC

Cette perte s'explique en majeure partie par une anomalie de température de l'air chaude à travers l'océan Arctique avec des températures allant de 2 à 5°C au-dessus de la moyenne (à 700m d'altitude). En revanche, les conditions sur les régions terrestres entourant l'Arctique étaient relativement fraîches. Des parties de la Sibérie centrale et du Nunavut dans le nord du Québec ont vu des températures approchant les 5°C sous les normes.

Les températures de l'air au-dessus de l'océan Arctique ont été en globalité supérieures à la moyenne pendant la majeure partie de cette année 2018. Les températures étaient extrêmement élevées par rapport aux conditions normales de janvier à début mars. Après une brève période de froid en mars, les températures sont revenues autour des normes et ont augmenté à des niveaux conformes pendant la majeure partie du mois de mai.

 

Température de l'air à la latitude 80°N en 2018 et différence à la moyenne 1958-2002 - Danish Meteorological Institute

L'étendue (superficie) est néanmoins à distinguer du volume des glaces (en kilomètre cube). Malgré un volume qui ne cesse de chuter en flèche depuis des décennies, symbole du réchauffement climatique majeur au niveau des pôles, un léger point positif est à signaler puisque ce volume reste bien supérieur à certains niveaux constatés depuis le début des années 2010. Néanmoins insuffisant pour affirmer une amélioration de la situation...

Anomalie du volume des glaces de l'océan Arctique depuis 1979 - Polar Science Center

Note importante : la superficie des glaces calculée par le National Snow and Ice Data Center (NSIDC) correspond aux zones où l'océan est glacé à 15% minimum.

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